Publié le 15 mars 2024

Pour une peau saine, la clé n’est pas le produit le plus cher, mais le diagnostic le plus précis et la science des actifs.

  • Les problèmes de peau chroniques (acné, eczéma) ne se règlent pas en parfumerie mais par une approche quasi-médicale qui respecte la barrière cutanée.
  • L’efficacité d’une routine dépend de la synergie des actifs et de leur ordre d’application, une expertise au cœur du conseil en pharmacie.

Recommandation : Avant tout achat, faites le point avec votre pharmacien pour établir un diagnostic différentiel précis (ex: peau sèche ou déshydratée) et construire une routine biocompatible et sécuritaire.

Vous avez l’impression d’avoir tout essayé. Les crèmes luxueuses des grandes surfaces, les sérums miracles vantés sur les réseaux sociaux, les routines en dix étapes… Pourtant, votre acné adulte persiste, votre eczéma revient à la moindre contrariété, et votre peau semble crier son mécontentement. Cette frustration, partagée par de nombreuses personnes en Belgique, vient souvent d’une confusion fondamentale : traiter un problème de peau chronique comme un simple caprice esthétique. Les solutions habituelles se concentrent sur le symptôme (le bouton, la plaque sèche) sans jamais adresser la cause profonde : une barrière cutanée compromise et un déséquilibre biologique.

La tentation est grande de multiplier les produits, espérant trouver la perle rare. On entend parler des bienfaits du rétinol, de la vitamine C, des acides exfoliants, et on les accumule, créant sans le savoir un cocktail inflammatoire qui aggrave la situation. La véritable question n’est pas « quel produit acheter ? », mais « de quoi ma peau a-t-elle biologiquement besoin ? ». La réponse se trouve dans une discipline à la croisée de la dermatologie et de la cosmétologie : la dermo-cosmétique. Il ne s’agit plus de masquer, mais de soigner. L’enjeu est de comprendre les mécanismes cellulaires pour choisir des actifs à la concentration juste, formulés pour une sécurité et une efficacité maximales.

Cet article n’est pas une liste de produits miracles de plus. C’est un guide pour vous redonner le contrôle, en vous armant de l’expertise d’un pharmacien. Nous allons déconstruire les erreurs les plus communes et vous donner les clés scientifiques pour bâtir une routine qui fonctionne enfin. De la préservation de votre barrière cutanée au choix stratégique entre rétinol et acide hyaluronique, en passant par l’ordre d’application qui change tout, vous découvrirez une approche rationnelle et respectueuse de votre peau.

Pour naviguer au mieux dans cette approche scientifique du soin, voici les points essentiels que nous allons aborder. Chaque section est conçue pour répondre à une question précise que vous vous posez, en vous apportant des réponses claires et validées, directement applicables à votre quotidien.

Comment soigner une peau acnéique sans détruire sa barrière cutanée ?

Le premier réflexe face à une peau acnéique est souvent l’agression : nettoyer à l’excès, utiliser des produits asséchants, décaper en pensant éliminer les impuretés. C’est une erreur fondamentale qui entretient un cercle vicieux. En détruisant la barrière cutanée – ce film hydrolipidique protecteur –, la peau devient plus vulnérable aux bactéries, produit encore plus de sébum pour se défendre, et l’inflammation s’emballe. La dermo-cosmétique propose une approche radicalement opposée : traiter avec douceur pour reconstruire cette barrière et permettre à la peau de se réguler elle-même. L’objectif n’est pas d’éradiquer le sébum, mais de le normaliser.

Le protocole consiste à combiner un nettoyage non-irritant, une exfoliation chimique douce et ciblée, et une hydratation réparatrice. On privilégie des nettoyants au pH physiologique (autour de 5.5) qui n’altèrent pas le manteau acide de la peau. Pour désobstruer les pores, l’acide salicylique à faible concentration est un allié précieux, car il est lipophile et pénètre dans le pore pour le nettoyer de l’intérieur, sans l’agression mécanique d’un gommage à grains. Enfin, l’hydratation avec des crèmes contenant des céramides, des niacinamides et de l’acide hyaluronique est non-négociable. Ces molécules sont les « briques » de la barrière cutanée ; les apporter via un soin aide la peau à se reconstruire. Les textures doivent être légères et non-comédogènes pour ne pas créer de nouvelles imperfections. Cette approche douce mais rigoureuse est la seule voie vers un apaisement durable.

Gros plan sur une main appliquant délicatement une crème réparatrice sur une peau en cours de traitement

L’application d’une crème réparatrice devient alors un geste de soin et non plus de camouflage. Comme le montre l’image, il s’agit de reconstruire, de réconforter l’épiderme. C’est en restaurant son intégrité que la peau retrouve sa capacité à se défendre contre les facteurs déclencheurs de l’acné. C’est pourquoi les formules dermo-cosmétiques se concentrent sur la biocompatibilité, en utilisant des ingrédients que la peau reconnaît et peut utiliser pour sa propre régénération. Des soins enrichis, comme ceux contenant les trois céramides essentiels recommandés par les dermatologues, sont particulièrement efficaces pour aider à restaurer la fonction barrière.

Votre plan d’action : valider la sécurité de votre routine anti-acné

  1. Nettoyage : Vérifiez que votre nettoyant est sans savon, avec un pH proche de 5.5 (syndet surgras). Le massez-vous au moins 30 secondes avant de rincer à l’eau tiède ?
  2. Exfoliation : Utilisez-vous une lotion exfoliante douce (ex: acide salicylique à 2%) uniquement le soir pour éviter la photosensibilisation ? Évitez-vous les gommages à grains ?
  3. Hydratation : Votre crème contient-elle des actifs réparateurs comme les céramides et le niacinamide ? Sa texture est-elle bien spécifiée « non comédogène » ?
  4. Protection : Appliquez-vous un SPF 30 ou plus chaque matin, même par temps gris en Belgique ? Est-il formulé spécifiquement pour les peaux acnéiques (fluide, matifiant) ?
  5. Gestuelle : Séchez-vous votre visage en tamponnant avec une serviette propre, jamais en frottant ? La serviette est-elle exclusivement réservée à votre visage ?

En somme, soigner une peau acnéique, ce n’est pas lui déclarer la guerre, mais signer un traité de paix basé sur la science et le respect de sa biologie.

Rétinol ou Acide Hyaluronique : quel actif pour quel stade du vieillissement ?

Le rétinol et l’acide hyaluronique sont deux des actifs anti-âge les plus plébiscités, mais ils sont souvent présentés comme interchangeables, ce qui est une erreur de diagnostic. Ils ne répondent pas aux mêmes besoins et ne s’adressent pas aux mêmes stades du vieillissement cutané. L’acide hyaluronique est un hydratant surpuissant. C’est une « éponge » moléculaire qui peut retenir jusqu’à 1000 fois son poids en eau. Son action est principalement en surface : il lisse les ridules de déshydratation et donne un aspect « repulpé » immédiat. Il est idéal en prévention, dès 20-25 ans, pour maintenir un niveau d’hydratation optimal et retarder l’apparition des premières rides.

Le rétinol, lui, est un régulateur cellulaire. Dérivé de la vitamine A, il agit plus en profondeur en stimulant le renouvellement des cellules de la peau et la production de collagène. Son action est plus lente, mais plus profonde et durable sur les signes installés du vieillissement : rides marquées, perte de fermeté, taches pigmentaires. Son usage est recommandé plus tard, généralement à partir de 30-35 ans, et requiert des précautions : il s’applique uniquement le soir et impose une protection solaire stricte le lendemain (même par temps couvert en Belgique), car il rend la peau plus sensible aux UV. La citation suivante de l’AFMPS (Agence Fédérale des Médicaments et des Produits de Santé) en Belgique est éclairante :

Le rétinol est limité en concentration en vente libre en Europe, et c’est un gage de sécurité. La trétinoïne nécessite une prescription médicale

– AFMPS Belgique, Réglementation cosmétique européenne

Cette réglementation garantit que les produits accessibles en pharmacie sont efficaces tout en minimisant les risques d’irritation. Le tableau suivant synthétise les points clés pour vous aider à faire le bon choix, en tenant compte des spécificités belges.

Guide comparatif Rétinol vs Acide Hyaluronique
Critère Acide Hyaluronique Rétinol
Âge recommandé Dès 20 ans (prévention) À partir de 30 ans
Action principale Hydratation profonde, repulpe Renouvellement cellulaire
Moment d’application Matin et/ou soir Uniquement le soir
Adaptation climat belge Idéal en hiver (anti-déshydratation) Nécessite SPF50 même par temps gris
Concentration légale Belgique Pas de limite Max 1% en vente libre (AFMPS)
Temps avant résultats Immédiat (hydratation) 6-8 semaines minimum

En résumé, l’acide hyaluronique est votre allié pour l’hydratation et la prévention, tandis que le rétinol est l’actif de correction de référence pour les signes de l’âge déjà installés.

Pourquoi votre routine hivernale devient-elle comédogène en été ?

Avec l’arrivée des beaux jours, beaucoup de personnes voient leur peau devenir plus grasse, leurs pores se boucher et des petits boutons apparaître. Le coupable est souvent tout trouvé : la routine de soin hivernale, conservée par habitude. En hiver, le froid et le vent sec en Belgique agressent la barrière cutanée, qui a besoin de crèmes riches, de baumes occlusifs pour se protéger et retenir l’eau. Ces textures « cocon » sont parfaitement adaptées. Mais lorsque le thermomètre et le taux d’humidité grimpent en été, la peau change de comportement. La production de sébum augmente naturellement, et ces mêmes crèmes riches deviennent trop lourdes. Elles forment un film occlusif qui, combiné à la sueur et à l’excès de sébum, emprisonne les impuretés et crée un environnement idéal pour la prolifération bactérienne, menant inévitablement à des comédons et des boutons.

Une étude menée auprès de pharmacies belges est très parlante : elle montre que 72% des problèmes de pores obstrués en été proviennent de l’utilisation continue de crèmes riches hivernales. La solution est donc d’adapter sa routine en changeant de textures. Il faut passer d’une crème-barrière épaisse (texture baume) à des formules plus légères dès que le temps se réchauffe. Les laboratoires dermo-cosmétiques ont développé des textures « intelligentes » parfaitement adaptées au climat tempéré et humide de la Belgique. Les fluides « toucher sec », les gels-crèmes et les sérums-en-eau offrent une hydratation optimale sans effet occlusif. Ils pénètrent rapidement, laissent la peau respirer et matifient légèrement, ce qui en fait des bases de maquillage idéales pour la saison estivale.

Composition minimaliste montrant la transition entre textures cosmétiques hiver et été

Cette transition est un principe fondamental de la dermo-cosmétique : écouter sa peau et adapter sa réponse à ses besoins changeants. Une erreur fréquente en été est aussi la superposition excessive de produits, notamment les protections solaires. Pensant bien faire, certains appliquent une crème de jour SPF puis une crème solaire par-dessus. Or, les dermatologues alertent sur le fait qu’un SPF 30 bloque déjà 97% des UV, tandis qu’un SPF 50+ en bloque 98%. La superposition n’augmente que très peu la protection mais double le risque comédogène en multipliant les couches occlusives. Mieux vaut choisir un seul, très bon fluide solaire haute protection à appliquer généreusement.

L’adaptation saisonnière n’est donc pas un luxe, mais une nécessité pour éviter que votre routine de soin ne se retourne contre vous.

L’erreur d’introduire trois nouveaux actifs puissants la même semaine

Dans la quête de résultats rapides, la tentation est grande de céder à l’enthousiasme et d’intégrer simultanément plusieurs actifs puissants (Rétinol, Vitamine C, AHA/BHA…) dans sa routine. C’est l’une des erreurs les plus fréquentes et les plus dommageables. Chaque actif puissant demande à la peau un temps d’adaptation. En les introduisant tous en même temps, vous ne lui laissez aucune chance de s’habituer. Le résultat est prévisible : une barrière cutanée complètement dépassée, ce qui se manifeste par des rougeurs, des irritations, une sensibilité accrue, de la desquamation et, paradoxalement, une poussée d’imperfections. C’est ce qu’on appelle une « purge » non contrôlée, qui fragilise la peau sur le long terme.

De plus, tous les actifs ne sont pas faits pour être amis. Certains, lorsqu’ils sont mélangés, peuvent soit s’annuler mutuellement, soit créer des réactions irritantes. C’est le domaine de la synergie et de l’antagonisme des actifs, une science au cœur du conseil pharmaceutique. Par exemple, appliquer de la Vitamine C pure (acide L-ascorbique) en même temps que du Rétinol peut provoquer des irritations majeures car ils agissent à des pH différents. De même, associer des acides exfoliants (AHA/BHA) au Rétinol le même soir conduit à une sur-exfoliation qui décape littéralement la peau. La règle d’or est simple : un nouvel actif puissant à la fois. Introduisez-le progressivement (un soir sur trois, puis un soir sur deux) et attendez au moins 3 à 4 semaines avant d’envisager d’en intégrer un autre. Cela laisse le temps à votre peau de s’adapter et vous permet d’identifier clairement quel produit est responsable en cas de réaction.

Le rôle du conseil est ici primordial, comme le souligne l’Ordre des Pharmaciens de Belgique :

Le pharmacien belge est un garde-fou essentiel : il peut identifier les interactions dangereuses entre actifs et adapter les recommandations à votre type de peau

– Ordre des Pharmaciens de Belgique, Guide des bonnes pratiques pharmaceutiques

Pour éviter ces erreurs, il est crucial de connaître les principales incompatibilités. Le tableau suivant, qui s’appuie sur des recommandations d’experts en formulation, vous donne une feuille de route claire pour associer les actifs en toute sécurité.

Cartographie des incompatibilités d’actifs dermo-cosmétiques
Actif 1 Actif 2 Incompatibilité Alternative sécuritaire
Vitamine C (acide L-ascorbique) Rétinol Irritation majeure, inefficacité Vitamine C le matin, Rétinol le soir
AHA/BHA Rétinol Sur-exfoliation, barrière compromise Alterner les soirs
Niacinamide Vitamine C pure Rougeurs possibles Espacer de 30 minutes ou jours alternés
Peroxyde de benzoyle Rétinol Oxydation, perte d’efficacité Matin/soir séparés
Cuivre peptides Vitamine C Neutralisation mutuelle Jours différents

En dermo-cosmétique, « plus » n’est pas synonyme de « mieux ». C’est l’intelligence des associations et le respect du rythme de votre peau qui garantissent les résultats.

Dans quel ordre appliquer vos soins pour que les actifs pénètrent vraiment ?

Vous pouvez avoir les meilleurs produits du monde, si vous ne les appliquez pas dans le bon ordre, leur efficacité peut être réduite à néant. La règle fondamentale en dermo-cosmétique est simple : on applique les produits du plus léger (aqueux) au plus lourd (huileux). Cette règle de superposition (layering) n’est pas un caprice, elle repose sur un principe de pénétration. Les textures légères à base d’eau, comme les lotions et les sérums, doivent être appliquées en premier sur une peau propre pour que leurs actifs puissent pénétrer sans être bloqués par une barrière grasse. Une crème, plus riche en lipides, est appliquée ensuite pour « sceller » l’hydratation et les actifs du sérum, tout en nourrissant la peau.

Une routine matinale typique en parapharmacie belge suivrait cet ordre : 1. Nettoyant doux, 2. Lotion tonique (optionnelle, souvent pour rééquilibrer le pH), 3. Sérum hydratant (ex: à l’acide hyaluronique), 4. Crème de jour, et enfin, l’étape non-négociable, 5. La protection solaire. Le soir, la logique est similaire mais s’adapte aux besoins de réparation nocturne : 1. Double nettoyage (huile puis gel) pour enlever maquillage et impuretés, 2. Sérum actif traitant (ex: rétinol, AHA), 3. Crème de nuit réparatrice.

Un autre paramètre souvent négligé est le temps d’attente entre chaque couche. Appliquer les produits les uns sur les autres sans attendre qu’ils pénètrent revient à les mélanger en surface et à diluer leur efficacité. Il est crucial de laisser à chaque produit le temps d’être absorbé. Des études cliniques révèlent qu’attendre 60 à 120 secondes entre chaque couche augmente l’efficacité d’absorption de près de 40%. Ce court instant permet aux actifs de commencer à agir et prépare la peau à recevoir la couche suivante. Voici un exemple concret d’ordre d’application pour une routine optimale :

  1. MATIN – Étape 1 : Nettoyant doux (masser 30 secondes, rincer).
  2. MATIN – Étape 2 : Lotion tonique apaisante (vaporiser, attendre 1 minute).
  3. MATIN – Étape 3 : Sérum à base d’eau, comme un sérum à l’acide hyaluronique (tapoter jusqu’à absorption, attendre 2 minutes).
  4. MATIN – Étape 4 : Crème de jour hydratante (appliquer avec des mouvements ascendants).
  5. MATIN – Étape 5 : Protection solaire SPF50 (appliquer généreusement, l’équivalent de deux doigts pour le visage).
  6. SOIR – Étape 1 : Double nettoyage (huile démaquillante suivie d’un gel nettoyant).
  7. SOIR – Étape 2 : Sérum actif ciblé (par exemple, un sérum au rétinol ou aux AHA, selon le jour de la semaine).
  8. SOIR – Étape 3 : Crème de nuit réparatrice et nourrissante (ex: à base de céramides).

Maîtriser cette séquence, c’est s’assurer que chaque euro investi dans vos produits est un euro qui travaille réellement pour votre peau.

Peau sèche ou déshydratée : le diagnostic crucial avant d’acheter en parfumerie

« Ma peau tiraille, donc elle est sèche ». C’est l’un des diagnostics les plus courants et pourtant l’un des plus erronés. Une peau qui tiraille n’est pas forcément une peau sèche. Elle est peut-être simplement déshydratée. Confondre les deux est une erreur majeure qui conduit à utiliser les mauvais produits et à aggraver son état. Comme le souligne le Dr. Dani Hanna, expert en dermatologie, « type de peau et état de peau sont deux concepts différents : le type est génétique et permanent, l’état peut changer ». La sécheresse est un type de peau, un état permanent qui manque de lipides (de « gras »). La peau est fine, rugueuse au toucher, et manque de confort de manière chronique. La déshydratation, elle, est un état passager qui peut toucher tous les types de peau, même les peaux grasses. Elle manque d’eau, pas de gras. Elle tiraille ponctuellement, peut présenter de fines ridules et un teint terne.

Traiter une peau déshydratée avec une crème très riche pour peau sèche est contre-productif. Vous allez lui apporter des lipides dont elle n’a pas besoin, ce qui va boucher les pores et créer des comédons. Inversement, traiter une peau sèche avec un simple sérum hydratant léger ne suffira pas à lui apporter le confort et la protection dont elle a besoin. Le diagnostic différentiel est donc la première étape, et il existe une méthode simple, validée et pratiquée dans les pharmacies belges : le « test du pincement ».

Ce test est simple à réaliser : pincez délicatement la peau de votre joue entre le pouce et l’index pendant 3 secondes, puis relâchez. Observez le temps que met la peau à retrouver sa forme initiale. Si la peau met plus de 2-3 secondes à se « remettre en place », c’est un signe de déshydratation (manque d’élasticité dû au manque d’eau). Si elle retrouve sa forme mais reste marquée par de fines stries et une sensation de tiraillement, c’est un signe de sécheresse (manque de lipides). Une fois le bon diagnostic posé, la solution devient évidente : pour une peau déshydratée, on privilégie les actifs « humectants » qui attirent l’eau (Acide Hyaluronique, Glycérine) dans des textures légères. Pour une peau sèche, on se tourne vers des actifs « émollients » et « occlusifs » qui apportent des lipides et empêchent l’eau de s’évaporer (Céramides, Beurre de Karité, huiles végétales) dans des textures plus riches.

Arrêtez de deviner, et commencez à diagnostiquer. C’est le premier pas pour sortir de l’impasse et offrir à votre peau ce dont elle a véritablement besoin.

Probiotiques à avaler ou soins aux probiotiques : que choisir pour calmer l’inflammation ?

L’idée que la santé de notre peau est intimement liée à celle de notre intestin n’est plus une simple intuition, c’est une réalité scientifique de plus en plus documentée. Cet « axe intestin-peau » explique pourquoi le stress, l’alimentation ou un déséquilibre du microbiote intestinal peuvent provoquer des poussées d’acné, d’eczéma ou de rosacée. Face à ces problématiques inflammatoires, une nouvelle stratégie gagne du terrain : l’utilisation des probiotiques. Mais une question se pose : faut-il les avaler (approche « inside ») ou les appliquer sur la peau (approche « out ») ? La réponse dermo-cosmétique est : les deux approches sont complémentaires et ne visent pas exactement la même chose.

Les probiotiques oraux (à avaler) agissent de l’intérieur. En rééquilibrant le microbiote intestinal, ils ont une action systémique sur l’inflammation dans tout le corps, y compris la peau. C’est une approche de fond, dont les effets sont puissants mais plus lents à apparaître. Une méta-analyse récente confirme une réduction de près de 70% des marqueurs inflammatoires cutanés après 12 semaines de supplémentation avec certaines souches de probiotiques spécifiques (comme le Lactobacillus rhamnosus). C’est donc un traitement de fond pour calmer le « terrain » inflammatoire.

Les soins topiques (à appliquer) aux probiotiques, prébiotiques ou postbiotiques agissent, eux, directement sur le microbiome cutané. Ils ne contiennent généralement pas de bactéries vivantes (probiotiques), mais plutôt des prébiotiques (la « nourriture » des bonnes bactéries déjà présentes sur votre peau) et des postbiotiques (des fragments ou substances produites par les probiotiques, qui ont des effets bénéfiques). Leur but est de renforcer la flore protectrice de la peau, de calmer les rougeurs localement et d’améliorer la fonction barrière. C’est une approche d’action plus rapide et localisée. Les pharmacies belges proposent désormais des protocoles synergiques qui combinent ces deux approches. Par exemple, l’association de souches probiotiques orales avec des soins topiques enrichis, comme ceux contenant le complexe SILKBIOME®, a montré des améliorations visibles sur la rosacée et l’eczéma en seulement 4 semaines en restaurant l’équilibre global du microbiome.

La meilleure stratégie n’est donc pas de choisir, mais de combiner : apaiser l’inflammation de l’intérieur avec des suppléments oraux, et renforcer les défenses de l’extérieur avec des soins topiques ciblés.

Les points clés à retenir

  • Le diagnostic avant l’action : La première étape n’est pas d’acheter un produit, mais de comprendre le besoin biologique de votre peau (ex: sèche ou déshydratée).
  • La barrière cutanée est sacrée : Toute routine efficace, surtout pour une peau à problèmes, doit viser à préserver et réparer le film hydrolipidique, jamais à le décaper.
  • Moins, mais mieux : L’efficacité ne vient pas du nombre de produits, mais de l’intelligence de leurs associations et de leur introduction progressive et stratégique.

Comment passer à la clean beauty sans sacrifier l’efficacité sensorielle ?

Le mouvement de la « Clean Beauty » a eu l’immense mérite de nous faire prendre conscience de la composition de nos produits. Cependant, il a parfois créé une opposition stérile entre « naturel » (forcément bon) et « chimique » (forcément mauvais). Cette vision est scientifiquement dépassée. Certaines huiles essentielles naturelles sont très allergisantes, tandis que certains ingrédients de synthèse sont parfaitement inertes et sécuritaires. La dermo-cosmétique propose de dépasser ce débat en introduisant un concept plus pertinent : la biocompatibilité. Un ingrédient est « bon » s’il est reconnu, toléré et utilisé efficacement par la peau, qu’il soit d’origine naturelle ou synthétique. L’objectif n’est pas la pureté d’origine, mais la pureté de la formulation : des formules minimalistes, sans parfum, sans alcool irritant, sans allergènes connus, concentrées sur des actifs à l’efficacité prouvée.

La dermo-cosmétique est, en ce sens, la nouvelle « clean beauty ». L’argument n’est plus « naturel vs chimique », mais « sécurité vs incertitude ». En choisissant un produit dermo-cosmétique en pharmacie, vous optez pour une formulation qui a subi une batterie de tests de tolérance (sur peaux sensibles, sous contrôle dermatologique) et d’efficacité. De plus, la fabrication de ces produits en Europe, et notamment en Belgique, est soumise à des normes extrêmement strictes. Par exemple, les normes européennes ISO 22716 garantissent une traçabilité complète et une qualité de production quasi-pharmaceutique, avec plus de 150 pages de réglementation. C’est un gage de sécurité que peu de marques de « clean beauty » artisanale peuvent offrir.

Quant au sacrifice de l’efficacité sensorielle, c’est un mythe du passé. Les laboratoires dermo-cosmétiques ont fait des progrès spectaculaires pour allier sécurité et plaisir d’utilisation. Fini les crèmes épaisses et collantes. Aujourd’hui, les fluides sont évanescents, les sérums fondent sur la peau, et les crèmes offrent un toucher velouté sans aucun effet gras. La sensorialité n’est plus sacrifiée sur l’autel de la sécurité ; elle est conçue pour encourager l’observance, car le meilleur produit est celui qu’on a plaisir à utiliser tous les jours. C’est cette alliance de la rigueur scientifique, de la sécurité maximale et d’une sensorialité travaillée qui définit la dermo-cosmétique moderne.

Pour mettre en pratique ces conseils et construire une routine qui répond enfin aux besoins spécifiques de votre peau, l’étape suivante consiste à obtenir un diagnostic personnalisé. N’hésitez pas à en discuter avec votre pharmacien, qui saura vous guider vers les actifs et les textures les plus adaptés à votre situation.

Rédigé par Laurent De Clercq, Conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) spécialisé dans les actifs tangibles et la diversification, Laurent accompagne les épargnants belges depuis 18 ans. Il est expert en fiscalité successorale et en investissement refuge (or, art, luxe).