Publié le 15 mars 2024

Pour l’épargnant belge, la supériorité de l’or comme valeur refuge ne tient pas à la spéculation, mais à une combinaison unique de décorrélation structurelle et d’avantages fiscaux locaux.

  • Contrairement à l’immobilier, l’or d’investissement est exonéré de TVA à l’achat et n’est soumis à aucune taxe sur la plus-value (situation avant 2026).
  • Historiquement, sa valeur est structurellement décorrélée des marchés actions comme le BEL 20, offrant une protection réelle là où d’autres actifs chutent de concert.

Recommandation : Avant tout achat, assurez-vous que l’or (pièces ou lingots) respecte les critères stricts d’exonération de TVA en Belgique pour maximiser son rôle protecteur.

L’incertitude économique plane. Les journaux télévisés égrènent des nouvelles de tensions géopolitiques, d’inflation persistante et de volatilité boursière. Pour l’épargnant belge, soucieux de préserver le fruit de son travail, une question ancestrale refait surface : où mettre son patrimoine à l’abri ? La tentation est grande de se tourner vers des valeurs jugées sûres comme l’immobilier, la brique ayant une place de choix dans le cœur des Belges. D’autres explorent les actions de sociétés jugées résilientes, espérant traverser la tempête sans trop de dommages.

Pourtant, ces réflexes, bien que compréhensibles, ignorent souvent une réalité historique et structurelle. Et si la véritable clé n’était pas de trouver un actif qui « résiste » à la crise, mais un actif dont la nature même est fondamentalement déconnectée des cycles qui provoquent ces crises ? C’est ici que l’or entre en scène. Non pas comme un placement spéculatif, mais comme un ancrage patrimonial. Sa force ne réside pas seulement dans sa capacité à briller lorsque les marchés s’assombrissent, mais dans sa constance, sa liquidité et un cadre fiscal belge particulièrement avantageux qui le distingue de toutes les autres alternatives.

Cet article se propose d’aller au-delà du mythe. Nous analyserons, point par point, pourquoi l’or conserve ce statut unique de valeur refuge ultime pour l’épargnant belge. Nous décortiquerons sa relation avec la bourse, le comparerons à l’immobilier sous l’angle fiscal et pratique, et nous aborderons les questions cruciales de la liquidité, du stockage et de la diversification. L’objectif est de vous fournir une grille de lecture claire, basée sur des faits et le contexte belge, pour vous permettre de prendre des décisions éclairées pour la sécurité de votre patrimoine.

Pour naviguer à travers cette analyse approfondie, voici les thèmes que nous allons aborder. Chaque section est conçue pour répondre à une interrogation précise de l’épargnant belge, en apportant des réponses factuelles et contextualisées.

Pourquoi le prix de l’or monte-t-il quand la bourse s’effondre ?

C’est un phénomène quasi mécanique, observé à travers l’histoire des crises financières. Lorsque la confiance dans les actifs « papier » comme les actions s’érode, les investisseurs cherchent désespérément un havre de paix. L’or, par sa nature tangible et son absence de contrepartie (il ne dépend pas de la solvabilité d’une entreprise ou d’un État), devient cet abri naturel. Ce n’est pas tant que l’or « monte », mais plutôt que la valeur des monnaies et des actifs financiers baisse par rapport à lui. C’est une fuite massive vers la qualité et la sécurité.

Cette décorrélation structurelle est le cœur de son rôle de valeur refuge. Contrairement à une action, sa valeur n’est pas liée à des bilans, des prévisions de bénéfices ou des décisions de conseil d’administration. Il s’agit d’un actif monétaire universel, dont la quantité est finie. En période de panique boursière, lorsque les indices comme le BEL 20 dévissent, le mouvement de vente sur les actions se transforme en mouvement d’achat sur l’or, créant cette corrélation inverse si caractéristique.

Lorsqu’on compare les rendements de l’or à celui des actions, on constate que le rôle de l’or a deux fonctions principales : sa valeur refuge (sa capacité à dégager des rendements non liés à ceux des actions pendant les crises) et sa couverture.

– Business AM, Article sur les valeurs refuges en temps de crise

L’histoire récente en Belgique l’illustre parfaitement. L’étude de cas de la crise de 2008 est éloquente : pendant que le marché boursier belge s’effondrait, l’or a non seulement préservé sa valeur mais a entamé une trajectoire haussière durable.

Recovery du BEL 20 post-crise 2008 vs performance de l’or

Entre mai 2007 et mars 2009, le BEL 20 a perdu pas moins de 68%. Il a fallu 18 ans à l’indice belge pour retrouver son niveau d’avant crise (atteint en août 2025), tandis que l’or a maintenu une trajectoire haussière solide sur la même période, confirmant son rôle d’amortisseur et de préservation du capital sur le long terme.

Cet exemple historique ancre la perception de l’or non pas comme un simple produit financier, mais comme une véritable assurance contre les cataclysmes boursiers. Pour l’épargnant belge, c’est la garantie de ne pas voir son patrimoine s’évaporer en même temps que la confiance générale.

Or ou immobilier : quel actif protège le mieux contre l’inflation en Belgique ?

La brique a longtemps été considérée comme la valeur refuge par excellence en Belgique. Elle offre un rendement locatif et une plus-value potentielle à long terme. Cependant, une analyse plus fine, notamment sous le prisme de la fiscalité belge et de la liquidité, révèle les avantages structurels de l’or. Si l’immobilier protège de l’inflation, il le fait avec des contraintes et des coûts importants que l’or n’a pas.

Certes, durant la crise du Covid, le marché immobilier belge a montré une résilience étonnante, avec une augmentation de +5,9% du prix moyen des appartements au premier semestre 2020. Mais cette performance cache une fiscalité bien plus lourde. L’achat d’un bien immobilier neuf est soumis à 21% de TVA, et l’ancien à des droits d’enregistrement allant de 6% à 12,5%. À cela s’ajoutent le précompte immobilier annuel et une taxe sur la plus-value en cas de revente rapide.

L’or d’investissement, lui, bénéficie d’un régime de faveur exceptionnel en Belgique. Il est totalement exonéré de TVA à l’achat. De plus, pour les particuliers qui gèrent leur patrimoine en « bon père de famille », il n’y a actuellement aucune taxe sur la plus-value réalisée à la revente (situation qui pourrait évoluer après 2026, mais avec des seuils et franchises). Cet arbitrage fiscal belge est un avantage compétitif majeur.

Le tableau suivant, basé sur une analyse comparative fiscale, met en lumière les différences fondamentales pour un investisseur belge.

Comparaison fiscale Or vs Immobilier pour les investisseurs belges
Critère Or d’investissement Immobilier
TVA à l’achat 0% (exonéré) 21% sur le neuf
Droits d’enregistrement Aucun 6% à 12,5% selon région
Taxe sur plus-value (avant 2026) 0% 16,5% si revente < 5 ans
Taxe sur plus-value (après 2026) 10% avec franchise 10.000€ Maintenue si spéculation
Précompte immobilier Non applicable Variable selon région
Droits de succession Standard 3% à 30% selon région et lien

En définitive, si les deux actifs offrent une protection contre l’érosion monétaire, l’or le fait avec une efficacité fiscale et une simplicité de détention bien supérieures en Belgique. Il représente une forme de patrimoine plus pure, moins entravée par les charges et les taxes.

L’erreur de croire que tous les actifs « refuge » se revendent en 24h

La notion de « valeur refuge » est souvent associée à celle de sécurité. Mais une composante essentielle de cette sécurité est la liquidité : la capacité à convertir rapidement son actif en cash en cas de besoin urgent. Sur ce point, tous les refuges ne sont pas égaux, et l’or lui-même présente un spectre de liquidité très varié. Penser que l’on peut revendre un lingot aussi vite qu’une action est une erreur courante.

La forme sous laquelle vous détenez votre or est déterminante. L’or « papier », comme les ETF (Exchange-Traded Funds) cotés en bourse, offre une liquidité immédiate. Sur des plateformes belges comme Bolero ou Keytrade, une vente peut être exécutée en quelques clics pendant les heures d’ouverture des marchés. C’est la forme la plus liquide, mais elle implique une dépendance au système financier et une contrepartie.

Comparaison visuelle de la liquidité entre lingots d'or, pièces et ETF sur une plateforme de trading belge

À l’inverse, l’or physique, bien que tangible et sans contrepartie, demande plus de temps. Vendre des pièces d’or courantes comme des Krugerrands ou des Napoléons chez un comptoir spécialisé est relativement rapide, souvent en 24 à 48 heures. Pour les lingots, le processus peut prendre quelques jours, le temps de vérifier l’authenticité et la certification. Quant aux bijoux, la décote est significative (20-30%) et le délai s’allonge. Cette liquidité hiérarchisée est une réalité à intégrer dans sa stratégie patrimoniale.

Voici une estimation réaliste des délais de revente pour différents types d’actifs en Belgique :

  • ETF Or sur plateforme belge (Bolero, Keytrade) : liquidité immédiate pendant les heures de bourse.
  • Pièces d’or courantes (Krugerrand, Napoléon) : 24-48h chez un comptoir spécialisé.
  • Lingots d’or certifiés : 2-5 jours selon le poids et l’acheteur.
  • Bijoux en or : 7-14 jours avec une décote de 20-30% sur la valeur de l’or contenu.
  • Immobilier : 3-6 mois minimum pour une vente au prix du marché.

Cette échelle de temps démontre que si l’immobilier est le moins liquide des refuges, même l’or physique demande une certaine planification. Le choix entre or papier et or physique est donc aussi un arbitrage entre liquidité instantanée et détention souveraine.

Argent ou Or : lequel a le plus fort potentiel de hausse après une crise ?

L’argent est souvent surnommé « l’or du pauvre ». Plus accessible, il est aussi historiquement plus volatil. Cette volatilité lui confère un potentiel de hausse supérieur à celui de l’or en phase de reprise économique, mais elle s’accompagne de risques et de contraintes bien plus importants, surtout en Belgique. Le choix entre les deux métaux dépend donc de l’objectif : la sécurité absolue ou un pari sur la croissance.

La principale différence structurelle réside dans leur utilisation. Comme le souligne un expert, l’or est avant tout un ancrage monétaire.

La dualité de l’argent : sa double casquette (50% industriel, 50% monétaire) le rend plus sensible aux cycles économiques belges et européens que l’or, qui est à 90% un actif monétaire de réserve.

– Expert en métaux précieux, Analyse comparative or-argent pour investisseurs belges

Cette forte composante industrielle rend l’argent très dépendant de la santé de l’économie. En cas de récession, la demande industrielle chute, ce qui peut freiner son prix. En phase de reprise, cette même demande explose, tirant son cours à la hausse, souvent plus vite que l’or. C’est ce qui lui donne ce potentiel spéculatif.

Cependant, pour l’investisseur belge, un obstacle majeur se dresse : la fiscalité. Contrairement à l’or d’investissement, les lingots d’argent sont lourdement taxés. Selon Test-Achats, il faut s’acquitter de 21% de TVA sur les lingots d’argent en Belgique, contre 0% pour l’or d’investissement. Cela signifie que le cours de l’argent doit grimper de plus de 21% simplement pour que l’investisseur récupère sa mise de départ. Cette taxe annule une grande partie de son attrait comme placement de protection et le cantonne davantage à un rôle spéculatif.

L’or, par son statut purement monétaire et son régime fiscal privilégié, offre une trajectoire plus stable et prévisible. Il ne promet pas les envolées spectaculaires de l’argent, mais il garantit une bien meilleure préservation du capital en temps d’incertitude, ce qui est l’essence même d’une valeur refuge.

Coffre bancaire ou coffre privé : où garder votre valeur refuge en toute confidentialité ?

Une fois l’or physique acquis, la question de son stockage devient primordiale. La sécurité est le premier critère, mais la confidentialité patrimoniale est un aspect de plus en plus scruté par les épargnants belges. Les options traditionnelles comme le coffre bancaire sont aujourd’hui concurrencées par des sociétés privées et le stockage à domicile, chacune présentant des avantages et des inconvénients distincts.

Le coffre à la banque est la solution historique. Il offre un très haut niveau de sécurité. Cependant, l’offre se raréfie en Belgique, avec un nombre de coffres en location qui diminue. De plus, et c’est un point crucial, la détention d’un coffre bancaire est signalée au Point de Contact Central (PCC) de la Banque Nationale de Belgique. Si le contenu reste confidentiel, l’existence du coffre, elle, est connue de l’administration fiscale. L’accès est également limité aux heures d’ouverture de l’agence.

Coffre-fort haute sécurité entrouvert révélant des lingots d'or dans un environnement bancaire belge

Face à cela, les sociétés privées de location de coffres-forts, comme CitySafes, gagnent en popularité. Elles offrent une sécurité comparable, voire supérieure, des horaires d’accès plus larges et, surtout, ne sont pas soumises à l’obligation de reporting au PCC. Cette discrétion est un atout majeur pour les investisseurs soucieux de leur vie privée. Le stockage à domicile est l’option la plus confidentielle, mais elle reporte l’entière responsabilité de la sécurité sur le propriétaire et peut compliquer la couverture par les assurances.

Ce tableau, inspiré par des données du marché belge et notamment une analyse de L’Avenir sur la tendance des coffres bancaires, résume les options.

Options de stockage sécurisé en Belgique : banques vs sociétés privées
Critère Coffre bancaire Société privée (CitySafes) Coffre domicile
Disponibilité En baisse (76.294 unités louées en 2025) 12 agences en Belgique Installation sur mesure
Coût annuel 80€ à 720€ (KBC/Belfius) À partir de 119€/an Achat unique 500-5000€
Reporting BNB Oui (Point Contact Central) Non Non
Assurance standard Variable selon banque Jusqu’à 45.000€ Via assurance habitation
Accès Heures bancaires Horaires étendus 24h/24

Le choix dépendra donc d’un arbitrage personnel entre le coût, la commodité d’accès et le degré de confidentialité souhaité. Pour ceux qui privilégient la discrétion, les sociétés privées représentent aujourd’hui l’alternative la plus équilibrée.

L’erreur de diversifier avec des actifs qui chutent tous en même temps

Le mantra de la diversification est répété par tous les conseillers financiers : « ne mettez pas tous vos œufs dans le même panier ». Si le principe est sain, son application est souvent défaillante. La pire erreur est de croire que l’on est diversifié alors que l’on détient des actifs qui, en réalité, sont positivement corrélés en temps de crise. Une véritable diversification requiert des actifs qui évoluent de manière indépendante, voire opposée, lorsque la panique s’installe.

Les crises, comme celle de la pandémie de Covid-19 en 2020, sont des tests de résistance grandeur nature pour les portefeuilles. Lors du krach de mars 2020, de nombreux actifs jugés « différents » ont chuté de concert. Le BEL 20 a subi une correction sévère, l’immobilier commercial a été mis sous pression, et même certaines obligations d’entreprises ont perdu de la valeur. Dans ce contexte, l’or a joué son rôle à la perfection, démontrant sa décorrélation structurelle.

Corrélation des actifs belges lors du krach de mars 2020

Pendant la pandémie de Covid-19, une forte augmentation de la demande pour l’or comme investissement sécurisé s’est manifestée. Comme le rapporte Forbes Belgique dans son analyse, le prix de l’or a atteint des niveaux historiquement élevés, renforçant sa réputation de valeur refuge tandis que le BEL 20 et l’immobilier commercial belge subissaient des corrections importantes.

Intégrer de l’or dans un portefeuille majoritairement composé d’actions et d’immobilier n’est donc pas une simple « diversification », c’est l’ajout d’une véritable assurance anti-corrélation. C’est la garantie qu’une partie de son patrimoine évoluera sur une logique propre, déconnectée de la psychologie des marchés financiers. Alors que les autres actifs sont liés par le fil de la croissance économique, l’or est lié par celui de la préservation de la valeur, un fil bien plus solide en temps de tempête.

L’or a dépassé les 3 000 dollars l’once, consolidant sa réputation de valeur refuge durant des crises comme la pandémie de Covid-19 et les tensions géopolitiques.

– Forbes Belgique, Analyse du marché de l’or en 2025

Pour un épargnant belge, cela signifie que détenir de l’or n’est pas un choix de rendement, mais un choix stratégique de stabilisation. C’est l’ancre qui empêche le navire patrimonial de dériver lorsque la mer devient furieuse.

Pourquoi l’argent métal est-il plus volatil que l’or lors des cycles économiques ?

Nous avons effleuré la raison principale : la double nature de l’argent, à la fois monétaire et industrielle. Cette dualité le rend beaucoup plus sensible aux soubresauts de l’économie réelle. Alors que l’or flotte au-dessus du cycle économique, porté par son statut de réserve de valeur quasi exclusive, l’argent a les deux pieds dedans. Cette caractéristique explique sa volatilité et son comportement parfois erratique comparé à la stabilité relative de l’or.

Lorsque l’économie mondiale et européenne est en pleine croissance, la demande pour l’argent explose. Il est indispensable dans l’électronique, les panneaux solaires, la médecine… Cette demande industrielle tire son prix vers le haut. Inversement, lors d’un ralentissement ou d’une récession, cette demande s’effondre, pesant lourdement sur son cours, même si la demande d’investissement (sa casquette « refuge ») augmente. L’or, avec plus de 90% de sa demande dédiée à l’investissement et à la joaillerie, est largement immunisé contre ces cycles industriels.

Impact de la TVA belge sur le comportement d’investissement argent vs or

En Belgique, la TVA de 21% sur les lingots d’argent décourage l’investissement à long terme et favorise la spéculation à court terme. Les investisseurs sont incités à chercher des gains rapides et importants pour compenser la taxe initiale. Par contraste, le marché des pièces d’argent d’occasion, qui bénéficie du régime fiscal de la marge, est plus actif mais aussi plus sujet à des fluctuations rapides de primes, le rendant structurellement plus volatil que le marché de l’or, plus homogène et liquide.

Cette volatilité est d’ailleurs une caractéristique que l’on retrouve dans d’autres actifs tangibles. Par exemple, une analyse de Business AM montre une performance comparable à l’or sur la même période pour d’autres actifs. En effet, les pierres de couleur ont grimpé de 113% entre 2009 et 2020, et les diamants de 112%. Cependant, ces marchés sont encore moins liquides et standardisés que celui de l’argent, les rendant inadaptés au rôle de valeur refuge principale.

En somme, la volatilité de l’argent n’est pas un défaut en soi, c’est sa nature. Elle peut offrir des opportunités, mais elle l’éloigne du rôle premier d’une valeur refuge : la stabilité et la prévisibilité. Pour l’épargnant belge qui cherche avant tout à dormir sur ses deux oreilles, la constance de l’or reste inégalée.

À retenir

  • L’or bénéficie en Belgique d’une exonération de TVA et d’une absence de taxation sur la plus-value (avant 2026), un avantage fiscal décisif par rapport à l’immobilier.
  • Sa valeur est structurellement décorrélée des marchés financiers, offrant une protection réelle en cas de crise, contrairement à de nombreux autres actifs qui chutent ensemble.
  • La liquidité de l’or est variable (immédiate pour les ETF, quelques jours pour le physique), un facteur à planifier qui reste bien supérieur à celle de l’immobilier (plusieurs mois).

Comment acheter de l’or d’investissement en Belgique sans payer de TVA ?

L’exonération de TVA est l’un des plus grands atouts de l’or en Belgique, mais elle n’est pas automatique. Elle s’applique uniquement à ce que la loi définit comme « or d’investissement ». Acheter le mauvais produit peut vous coûter 21% de taxe inutilement. Il est donc impératif de connaître les critères précis pour s’assurer que votre achat entre bien dans la bonne catégorie.

La législation européenne, transposée en droit belge, est très claire. Pour être considéré comme de l’or d’investissement, le produit doit répondre à des caractéristiques strictes de pureté, de date de frappe et de statut légal. Ces règles visent à distinguer l’or « monétaire » de l’or « industriel » ou de la joaillerie.

Pour les lingots et les plaquettes, le critère principal est la pureté. Ils doivent avoir une pureté égale ou supérieure à 995 millièmes (soit 99,5%). Pour les pièces, les conditions sont plus nombreuses : elles doivent avoir une pureté égale ou supérieure à 900 millièmes, avoir été frappées après 1800, avoir (ou avoir eu) cours légal dans leur pays d’origine, et leur prix de vente ne doit pas excéder de plus de 80% la valeur de l’or qu’elles contiennent. Des pièces comme le Krugerrand, le Napoléon français ou la Souverain britannique remplissent parfaitement ces conditions.

Il est donc essentiel d’acheter auprès de vendeurs spécialisés et réputés qui peuvent garantir l’origine et les caractéristiques des produits vendus. Conserver précieusement la facture d’achat est également une bonne pratique pour justifier du statut de l’or lors d’une éventuelle revente.

Votre plan d’action : la checklist pour acheter de l’or sans TVA en Belgique

  1. Vérifier la pureté : Assurez-vous que les lingots ont une pureté d’au minimum 99,5% (995 millièmes).
  2. Contrôler les pièces : Pour les pièces, la pureté doit être d’au minimum 90% et elles doivent avoir été frappées après 1800.
  3. S’assurer du cours légal : La pièce doit avoir eu cours légal dans son pays d’origine pour être éligible.
  4. Contrôler la prime : Le prix de vente ne doit pas dépasser de plus de 80% la valeur de l’or contenu dans la pièce.
  5. Identifier les exclus : Évitez les médailles, les bijoux (même en or 24 carats) et les pièces antérieures à 1800, qui sont soumis à la TVA.

En suivant scrupuleusement ces points, vous vous assurez de bénéficier pleinement du cadre fiscal avantageux de l’or d’investissement en Belgique, renforçant ainsi son rôle de protection efficace de votre patrimoine.

Pour mettre en pratique ces conseils et sécuriser votre patrimoine, la prochaine étape logique consiste à évaluer les options d’achat auprès de professionnels reconnus en Belgique qui garantissent la conformité de leurs produits.

Questions fréquentes sur la fiscalité de l’or en Belgique

La nouvelle taxe de 2026 s’applique-t-elle à l’or acheté avant ?

Pour un achat effectué avant 2026 et une revente après cette date, vous aurez la possibilité de choisir entre le cours du 31 décembre 2025 ou celui de la date d’achat initiale comme valeur de référence pour le calcul de la plus-value. Cette option sera valable jusqu’en 2030.

Quelle est la franchise sur la nouvelle taxe belge ?

Les premiers 10.000 euros de plus-value par personne et par an ne seront pas taxés. Ce seuil pourrait être porté à 15.000 euros sous certaines conditions, offrant une marge significative avant toute imposition.

Les Krugerrands sont-ils exonérés de TVA en Belgique ?

Oui, les pièces Krugerrand respectent tous les critères de l’or d’investissement en Belgique : leur pureté est supérieure à 900‰ (916,7‰ pour être précis), elles sont toutes frappées après 1800 et elles ont cours légal en Afrique du Sud. Elles sont donc bien exonérées de TVA.

Rédigé par Laurent De Clercq, Conseiller en gestion de patrimoine indépendant (CGPI) spécialisé dans les actifs tangibles et la diversification, Laurent accompagne les épargnants belges depuis 18 ans. Il est expert en fiscalité successorale et en investissement refuge (or, art, luxe).